Riki Bloc

Ouvrir la voie

Plus connue des marins que des grimpeurs, la ville de Rimouski abrite pourtant la seule coopérative d’escalade de tout le Canada. Né de la volonté d’une trentaine d’amoureux de l’escalade de rendre leur sport plus accessible, le centre Riki Bloc accueille les adultes aguerris comme les petits novices sur ses murs d’escalade de bloc.

Riki Bloc

Contrairement à l’escalade de voie, qui nécessite de porter un baudrier et d’être retenu par une corde, l’escalade de bloc se pratique sans équipement de sécurité particulier puisque les murs à gravir ne dépassent pas quatre mètres de hauteur et que des matelas sont disposés au sol pour amortir les possibles chutes.

Cette discipline athlétique a vu sa popularité bondir ces dernières années et cet engouement a gagné Rimouski. En 2015, une trentaine de mordus de grimpe, en majorité des étudiants frustrés de ne pouvoir accéder au seul centre d’escalade de Rimouski que deux soirs par semaine, la salle étant située dans le cégep de la ville. Ces passionnés décident donc de lancer un centre d’escalade aux heures d’ouverture étendues et mettant leur sport à portée de main du plus grand nombre. Le projet met un an et demi à se concrétiser.

 

Plaire aussi bien aux étudiants qu’aux familles

Ils choisissent de se concentrer sur l’escalade de bloc pour se différencier du cégep, qui propose de l’escalade de voie, mais aussi pour toucher un public le plus large possible. «C’est accessible même à un enfant de cinq ans, si on lui explique les règles de sécurité», indique François Genin, le directeur général de Riki Bloc depuis juin dernier. Objectif atteint puisque le centre d’escalade intérieure, qui a ouvert ses portes en mai 2016, attire les habitués de la grimpe, mais aussi les groupes scolaires, les familles et les parents en quête d’un lieu où organiser la fête de leur enfant.

Au cours de l’année écoulée, près de 7 000 personnes ont enfilé leurs chaussons pour gravir les blocs du centre. Et le nombre de membres atteint 770 personnes aujourd’hui, alors que l’objectif initial s’élevait à 500 adhérents.

Des ambitions réfrénées

Pour faire de Riki Bloc une réalité, le plan d’affaires initial de la coopérative prévoyait un financement combinant les adhésions des membres, des montants recueillis lors de partys, une campagne de sociofinancement et des subventions. Lors de son premier mois d’existence, la coopérative compte 94 membres. Les fonds récoltés grâce à la campagne de financement participatif s’avèrent limités et les subventions espérées ne sont pas au rendez-vous. « Il a donc fallu revoir à la baisse le projet », se rappelle François. Le centre est donc presque deux fois plus petit que prévu. Offrant 700 pieds carrés d’espace de grimpe, il peut accueillir un maximum de 27 personnes.

Côté budget, puisque l’équipe fondatrice de la coopérative est surtout composée d’étudiants débrouillards, Riki Bloc parvient à se meubler à un coût minimal. L’essentiel de l’argent est investi dans l’achat des murs et des tapis au sol.

Un double défi de taille

Si le nombre d’adhérents à la coopérative augmente après l’ouverture du centre, l’ascension vers le succès est émaillée de nombreux défis. Dès sa première année d’existence, Riki Bloc est confronté à un déficit. Pour y remédier, l’équipe fait preuve de créativité pour couper dans les dépenses. L’horaire du centre est amputé d’une quarantaine d’heures, et le multitâche devient le mot d’ordre des cinq employés, qui sont tous des grimpeurs. « J’accomplis le travail de gestion assis au comptoir pour pouvoir assurer le service à la clientèle en même temps, explique le directeur général. Le travail de maintenance et le ménage sont effectués pendant les heures d’ouverture pour limiter les frais fixes. » Quant à l’informatique cela ne coûte rien à Riki Bloc car un professionnel des TI s’en occupe gratuitement en échange d’un accès aux murs d’escalade. Et des bénévoles ont conçu un petit mur d’escalade portatif afin de faire la promotion du centre lors d’événements.

Ces efforts paient puisque le déficit se résorbe progressivement. Cependant, Riki Bloc doit surmonter un autre obstacle : le fort taux de roulement de son conseil d’administration. « Rimouski est une ville de passage, alors garder un conseil d’administration actif est un défi », explique François. Même souci concernant la gestion quotidienne de la coopérative : François est la quatrième personne à occuper le poste de directeur général en deux ans et demi ! « C’est problématique, mais j’ai bien l’intention d’y remédier en restant en fonction jusqu’à ce que la situation financière de la coopérative se stabilise », ajoute-t-il.

Atteindre de nouveaux sommets

Pour pérenniser la coopérative, François entreprend de diversifier la composition de son très estudiantin conseil d’administration en intégrant des personnes établies durablement à Rimouski et possédant une expertise en développement économique.

« J’y suis parvenu en moins de trois mois », se félicite-t-il.

Une fois que ce travail aura fini de porter ses fruits, la voie sera plus libre pour agrandir le centre d’escalade. « D’ici trois ou quatre ans, on espère pouvoir passer de 700 à 5000 pieds carrés d’espace de grimpe ».

L’équipe de Riki Bloc a également un autre projet à l’esprit : développer une activité d’escalade en extérieur. La coopérative songe à animer des groupes d’ascension des falaises environnantes et à proposer des camps de jour pour les petits escaladeurs, avec en tête toujours le même but : faire profiter au plus grand nombre les joies de l’escalade.

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