Les Viandes du Breton

Le goût du bien-être animal

Important producteur de porcs au Québec, Les Viandes du Breton s’est adapté au fil du temps aux besoins des consommateurs, tout en ayant à coeur le respect de l’environnement et du bien-être animal. L’entreprise familiale sait se démarquer en misant sur la production de porcs biologiques. 

Les Viandes du Breton

Au départ, il y a Napoléon Breton, issu de la première de quatre générations, qui fonde un magasin général à Saint-Bernard, en Beauce, en 1944. Il fait des moulées et construit son moulin. En 1980, la famille Breton achète un abattoir au Témiscouata, voyant là l’occasion de diversifier son offre et de faire rouler toute la chaîne de produits, de la moulée, aux fermes d’élevage, jusqu’au porc à déguster. À la fin des années 1980, Les Viandes du Breton naît. Après l’incendie de 2003 qui démolit l’abattoir du Témiscouata, c’est à Rivière-du-Loup que la transformation se fait. « Ça rend la chose intéressante parce que nous contrôlons vraiment notre produit, explique Julie Lamontagne, conseillère aux communications. On peut s’assurer que lorsqu’on dit que les produits sont sans antibiotique, on dit vrai, parce que c’est nous qui vérifions. Étant propriétaires des fermes ou associés avec des producteurs, nous allons nous-mêmes vérifier que nos cahiers de charge sont respectés. »

La gamme rustique répond à des normes élevées de bien-être animal selon la certification Humane Raised and Handled sans être biologique, et les porcs certifiés biologiques sont en plus nourris aux grains biologiques et vont dehors, car l’accès à l’extérieur est l’une des obligations pour la certification. Les Viandes du Breton possède un réseau de 300 fermes familiales, principalement au Québec et en Ontario, ainsi que des fermes qui lui appartiennent, principalement les maternités. « On produit les bébés bios qui vont ensuite être élevés dans ce réseau-là de fermes familiales, qui sont des fermes associées à nous. On leur fournit les normes et les cahiers de charge. Ils s’approvisionnent dans nos meuneries parce qu’on produit de la moulée bio pour nos porcs. Finalement ils viennent faire abattre leurs bêtes chez nous puis nous transformons la viande sous la marque duBreton. » Le porc est ensuite vendu au Québec et en Ontario, mais aussi ailleurs au Canada, ainsi qu’aux États-Unis, en Australie et au Japon.

En route vers un 100 %

En 2015, environ 30 % des porcs de l’entreprise étaient certifiés biologiques. Les fermes appartenant au groupe Breton ont été rénovées pour répondre aux normes. Depuis 2018, c’est donc désormais la moitié de la production qui est certifiée biologique. L’objectif de l’entreprise familiale est d’aller vers le 100 % bio, mais c’est une démarche qui prendra du temps en raison de la demande et de la difficulté à trouver des marchés, comme l’explique Julie Lamontagne. « On ne peut pas mettre sur le marché plus de porc bio que ce qu’il y a de demande. Actuellement, la demande elle est là. Le problème est qu’elle est là pour les filets, pour le porc haché, pour la saucisse… mais il y a les parties moins nobles comme la tête, les oreilles, les pattes, qui sont quand même bios mais qu’on doit vendre au prix commodités, parce que personne veut acheter une tête biologique, sauf quelques rares marchés. » Les défis de la production biologique sont nombreux. D’abord l’aspect financier: la nourriture pour les animaux coûte beaucoup plus cher, les porcs ont plus d’espace donc la bâtisse est moins remplie et les normes pour le contrôle des maladies sont plus élevées. La culture de travail diffère aussi dans une production biologique par rapport à la conventionnelle. En mettant l’accent sur le bien-être animal et en faisant des actions concrètes pour augmenter sa production biologique certifiée, Les Viandes du Breton a pu se distinguer des plus grosses entreprises qui n’ont pas nécessairement la même flexibilité d’agir rapidement.

Les Viandes du Breton s’adapte aux tendances. La conseillère aux communications explique que « les gens ne veulent pas cuisiner trop longtemps, mais en même temps, ils veulent des produits pas trop transformés, alors on met sur le marché des filets marinés, des quarts de longe marinés, des produits qui peuvent être mis au four rapidement ». L’an passé, des cretons biologiques, très populaires au Québec, se sont ajoutés aux produits duBreton. « D’autres produits s’en viennent pour aller avec cette tendance épicurienne. On essaie d’aller au-devant des besoins des clients et non à la remorque. Faut être créatifs parfois ! On est ouverts et on est à l’écoute de nos gens ! » D’ailleurs, depuis 2017, un camion de rue, la duBreton mobile, se promène tout l’été dans des événements au Québec et en Ontario. On y propose entre autres du porc effiloché, des burgers, des saucisses et des desserts au bacon. « Ça nous permet d’aller voir le consommateur et de lui parler directement. L’objectif était d’avoir en temps réel son avis », explique Julie. L’entreprise observe évidemment une tendance à la diminution de consommation de viande. « Les gens en mangent moins, mais ils vont choisir une viande qui a été élevée dans des normes plus élevées de bien-être animal. »

Un rappel de l’importance du bien-être animal pour l’entreprise est l’oeuvre d’art qui orne le mur de l’usine de Rivière-du-Loup où travaillent 550 personnes. Cette oeuvre a été créée à partir des derniers bâtons électriques vendus par la quincaillerie agricole appartenant à la famille Breton. Aussi connus sous le nom d’aiguillon, ces bâtons munis d’une charge électrique étaient utilisés traditionnellement pour guider les animaux dans leurs mouvements. « Un moment donné, on s’est dit : “Ça a pas de bons sens, on prône le bien-être animal et on vend des bâtons électriques !” Alors l’entreprise Les Viandes du Breton a acheté l’inventaire de bâtons électriques et la quincaillerie n’en vend plus. »