Kombucha du Mont-Ferréol

Effervescentes saveurs d’ici

Un territoire, ça se vit, ça se parcourt, ça se cultive et ça se déguste. C’est le pari de Kombucha du Mont-Ferréol, qui fabrique un kombucha fait avec des feuilles d’argousier, de l’eau de source et des petits fruits locaux, qui viennent au plus loin de 150 kilomètres de l’entreprise basée dans la Côte-de-Beaupré. 

Kombucha du Mont-Ferréol

Le Montréalais Léandre Saindon a choisi de s’installer dans la Côte-de-Beaupré en ayant un coup de coeur pour ce territoire propice au plein air. « Quand j’étais ti-cul, je le disais pas à mes chums, mais j’écoutais La semaine verte et j’étais vraiment épaté par la vie d’agriculteur et les grands espaces. J’ai trouvé où j’allais être heureux et élever ma famille et je me suis dit : “OK, une fois que je suis là, je m’arrangerai pour trouver quelque chose de fun à faire de mon quotidien.” »

En 2008, il acquiert la terre devant chez lui à Saint-Ferréol-les-Neiges et cherche à cultiver un produit émergent qui correspond au style de vie des nombreux amateurs de plein air qui vivent dans la région. Il fonde donc l’entreprise L’argousier du Mont-Ferréol et vend ses fruits entre autres à des microbrasseries et des restaurateurs du Québec. « Il y avait plein d’artisans qui travaillaient avec mes fruits, je trouvais ça génial, mais j’avais le goût de me lancer et de démocratiser le fruit à ma façon et surtout, en utilisant la feuille d’argousier qui, selon moi, n’était pas encore assez exploitée au Québec. »

 

Résister à l’hiver

Il fait des recherches sur le kombucha, qu’il a connu lorsqu’il travaillait dans l’Ouest canadien. Cette boisson, habituellement faite à base de feuilles de thé originaire d’Asie, a besoin d’une molécule qu’on retrouve en grande quantité dans… la feuille d’argousier ! Léandre fait des tests et s’aperçoit que le kombucha à base d’argousier donne un résultat identique et très bon au goût. « Ça pousse chez nous ! C’est une plante nordique qui est capable de résister à nos hivers, moi, j’ai fait 1+1 ! L’argousier est un superaliment en Europe et en Asie, le kombucha commence à être démocratisé aux États-Unis et ici les gens commencent à en comprendre les bienfaits. Pour l’instant, tout m’indique qu’on s’est pas trompés ! »


Photo Stéphane Bourgeois
Photo Stéphane Bourgeois

Léandre fonde donc l’entreprise Kombucha du Mont-Ferréol, avec comme mission d’utiliser le plus d’ingrédients locaux. « Quand tu ouvres une de nos bouteilles aux fraises, tu goûtes l’île d’Orléans ! » S’approvisionner dans un rayon de 150 kilomètres permet de s’assurer de la traçabilité du produit, de minimiser l’impact environnemental du transport et d’encourager l’économie locale. Des valeurs primordiales pour Léandre et ses deux associés.

Les cinq saveurs de kombucha offertes sont : fraises, bleuets, framboises, mûres et argousier. À la surprise du brasseur, c’est cette dernière saveur, à base du fruit le moins connu, qui est la plus populaire. Pour les prochains produits, l’équipe veut développer les saveurs boréales. « Nos forêts sont bondées d’ingrédients ! », s’exclame-t-il. Kombucha du Mont-Ferréol est maintenant certifié Aliments du Québec, ce qui en fait le premier kombucha à réussir cet exploit. L’entrepreneur en est très fier. « On est une petite équipe, on travaille fort, on est fiers de ce qu’on fait, mais rien n’est acquis ! On a des produits d’ici, on congèle les fruits aussitôt qu’ils sont récoltés et jusqu’à ce qu’on fasse notre jus. On le fait nous-mêmes, à la dernière minute, donc quand tu ouvres une bouteille, tu as cette fraîcheur-là », raconte l’entrepreneur qui emploie maintenant quatre personnes, dont deux habitent sur la même rue que l’entreprise. Même les ressources humaines sont à proximité !

Les musts de Léandre

Photo Stéphane Bourgeois
Photo Stéphane Bourgeois

« La Côte-de-Beaupré est un terroir incroyable, un terroir d’athlètes aussi! C’est pas pour rien qu’on a plein de jeunes Alex Harvey qui poussent à vue d’oeil ! » Pour découvrir ce terrain de jeu entre Québec et Charlevoix, Léandre vous suggère la réserve nationale de faune du Cap-Tourmente pour ses beaux caps et sa proximité avec l’eau, le parc du Mont-Sainte-Anne, un incontournable avec sa magnifique vue sur le fleuve à partir du sommet, le sentier Mestachibo, encore méconnu pour son potentiel, qui part de l’église du village de Saint-Ferréol-les-Neiges pour un trek dans une vallée près de la rivière Sainte-Anne. « Quand tu traverses la rivière sur un pont suspendu, tu la regardes et tu te prends un bon kombucha. Ça fait la job ! » Pour conclure une journée de plein air, il recommande la Microbrasserie des Beaux Prés pour leurs produits locaux et la qualité de leurs bières, et le casse-croûte Le shack à patates à Saint-Ferréol-les-Neiges : « Il fait faire de plus en plus de détours aux gens. Ils vendent notre kombucha, mais c’est pas pour ça que je te parle d’eux ! Leur pizza au four est incroyable, leur poutine est à se jeter à terre, c’est quelque chose ! »

La réponse rapide des clients leur démontre que leur kombucha plaît autant aux initiés qu’aux nouveaux adeptes de ce produit. « On a voulu faire un kombucha qui rejoignait la papille de monsieur et madame Tout-le-monde au Québec », affirme Léandre. Ses bouteilles sont distribuées dans 200 points de vente dans plusieurs régions de la province. « Réussir à rentrer ses produits dans un commerce, c’est le fun, mais c’est la deuxième, troisième, ou quatrième livraison qui parle, c’est pas ta première. À la première, le gérant peut dire qu’il l’essaye, mais après, quand le monde revient et prend ton produit au lieu d’un autre, c’est là que ça stabilise. »

photos Phil Émond

Il doit maintenant, en plus de ce qu’il cultive sur sa terre, acheter de l’argousier à d’autres producteurs des environs pour fournir à la demande. Plusieurs entrepreneurs de la Côte-de-Beaupré l’ont épaulé, dont Luc Boivin, copropriétaire de la Microbrasserie des Beaux Prés et l’un des premiers à tester le produit auprès de sa clientèle, le kombucha étant une bonne alternative à l’alcool. Il y a aussi le IGA de la famille Chouinard à Sainte-Anne-de-Beaupré et le dépanneur du village de Dany Drouin, deux endroits où Kombucha du Mont-Ferréol livre régulièrement. « Les gens de la place se sont approprié notre produit très rapidement et sont tous devenus accros, faut croire ! », lance à la blague le Saint-Ferréolais d’adoption.