Fruits de mer du Québec

Le goût de l’eau… salée!

Déguster les produits de la mer d’ici n’est bizarrement pas si facile. Ils sont souvent difficiles à trouver. Mais grâce à deux entrepreneurs gaspésiens, les délicieux trésors du golfe du Saint-Laurent sont désormais à portée de main ! 

Fruits de mer du Québec

Il est encore tôt. Le petit village de Cloridorme, 743 âmes, semble endormi. Et pourtant, dans l’unique poissonnerie du village, une cinquantaine d’employés s’affairent à décortiquer une montagne de pétoncles. Les couteaux acérés ouvrent les coquilles, en dégagent les noix, les nettoient des impuretés. Dans un bassin, un homme les lave avec soin. Ces pétoncles sont précieux. « Leur chair est délicate, légèrement sucrée », précise Patrick Denis, un des patrons de l’usine. Pêchés dans le golfe du Saint- Laurent, près de la Côte-Nord, aussitôt surgelés, ils prendront la route vers les épiceries du Québec.

Dary Côté et Denis Fortin surveillent de près les opérations. Les deux amis vont suivre la route de ces pétoncles jusqu’à une usine à Drummondville, où ils seront conditionnés et emballés afin de rejoindre les congélateurs disséminés dans une centaine de IGA du Québec. Un congélateur bien à eux, un tombeau dans le jargon, décoré de bois gravé au nom de leur entreprise : Fruits de mer du Québec. Un congélateur rempli de délices marins venus du Saint-Laurent : bajoue de morue, flétan, morue, turbot, crevettes nordiques.

 

C’est Dary qui a eu l’idée de ce projet un peu fou, alors qu’un été, il ramenait des poissons et des fruits de mer de son coin de pays à des amis de la ville. « J’en avais pour 5 000 $, raconte l’entrepreneur verbomoteur. Je me suis dit que ces gens-là n’allaient sûrement pas magasiner du poisson à l’épicerie. Je suis allé faire un tour et j’ai constaté qu’il n’y avait pas beaucoup de produits du Québec. C’est comme ça que Fruits de mer du Québec est né. »

Au fil des mois, ce natif de Grande-Vallée tisse tranquillement des liens avec des pêcheurs, des débardeurs et des transformateurs de la Gaspésie. À Grande-Vallée, il a déjà une poissonnerie, mais le rythme s’accélère. Il crée les congélateurs avec leur signature boisée et commence à les installer dans diverses épiceries du Québec. Chaque semaine, il ramène des poissons, des fruits de mer et remplit lui-même ses tombeaux. C’est là qu’il demande de l’aide à son ami d’enfance Denis, qui est alors maire de Cloridorme. Denis embarque dans l’aventure. L’entreprise se développe avec entrain.

Une certaine idée de la souverainté alimentaire

Nous retrouvons les deux compères sur un des quais du port de Rivière-au-Renard. Le plus important des ports de pêche de la Gaspésie. Aujourd’hui, les bateaux accostent avec des cales remplies de crevettes nordiques. La récolte est bonne. Ils suivent de près les opérations de surgélation dans une des usines du village. Pour remplir leurs congélateurs de ces délicieux fruits de mer toute l’année, Dary et Denis ont besoin de grosses quantités.

Pour les déguster presque frais, il suffit de se rendre au bistro du port, juste à côté. Dans ce bâtiment anonyme, les travailleurs du coin viennent déguster la fameuse guédille, un sandwich généreux servi dans un pain de style panini. Les crevettes, légèrement assaisonnées, révèlent toute leur saveur.

C’est là tout le défi. Au fil des mois, il a fallu convaincre ce milieu si particulier des pêches que le Québec avait aussi le droit d’avoir accès aux trésors du Saint-Laurent. En Gaspésie, plus de la moitié de ce qui est pêché part… à l’exportation. Les transformateurs de Rivière-au-Renard ont rapidement été séduits par la vision de ces deux entrepreneurs qui prônent, dans le fond, une certaine idée de la souveraineté alimentaire.

À l’usine de transformation Menu-Mer, le patron Jean-Yves Dumaresq partage volontiers cette vision. Et, avec son expérience, il n’hésite pas à leur donner le coup de main nécessaire au développement de leurs activités. Ici, le flétan vient d’arriver. Des employés lèvent les immenses filets qui seront découpés en portions individuelles pour faciliter les recettes des amateurs de ce poisson à la chair si ferme et délicate.

Pour profiter de cette manne, les deux entrepreneurs contactent l’ensemble des chaînes d’alimentation du Québec. Et c’est Sobeys, la maison mère des magasins IGA, qui leur signe un contrat d’exclusivité. L’occasion rêvée de distribuer ces délices de la mer dans plus d’une centaine de magasins dans la province. De petites épiceries indépendantes offrent aussi le fameux congélateur à leurs clients. Dary et Denis commencent à réussir leur défi : offrir des fruits de mer du Québec à l’ensemble des Québécois.

Mais leur concept ne s’arrête pas là. Après les produits bruts, place aux plats cuisinés ! Dary et Denis débordent d’idées. Avec Les pêcheries gaspésiennes, ils créent une planchette de poissons fumés : maquereau, morue, turbot et saumon fumés à chaud présentés sur une planche de bois, prête à être déposée sur la table. S’inspirant de recettes gaspésiennes, ils concoctent aussi des boules de morue, du poisson enrobé de panure et une coquille de fruits de mer.

Les deux amis voient encore plus loin et, des splendides côtes gaspésiennes, lorgnent vers l’international. Mais pas avant que tous les Québécois auront accès à leurs propres fruits de mer. Souveraineté alimentaire, vous avez dit ?

Dary Côté et Denis Fortin reçoivent le premier prix du Défi des fournisseurs ADA.
Partout au Québec, IGA est fière de mettre en valeur les produits locaux et le travail des artisans d’ici. Nos marchands sont engagés dans leur communauté en mettant en vedette des produits de leur région, comme ceux proposés par Fruits de mer du Québec.
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