Parc régional Kiamika

Un trésor caché des Hautes-Laurentides

Avec plus de 40 îles et îlots et de nombreuses plages de sable fin, le parc régional Kiamika est un territoire à découvrir pour les amateurs de plein air. Kayakistes, canoteurs, randonneurs, pêcheurs et campeurs s’y retrouvent.

Parc régional Kiamika

Inauguré en 2013, le parc régional Kiamika s’étend sur plus de 46 km². Avec les parcs régionaux Poisson Blanc et Montagne du Diable, il s’agit du troisième et du plus jeune parc régional de la MRC d’Antoine-Labelle et, à ce jour, du moins connu, selon la directrice du parc Marie-Claude Provost. « C’était un secret bien gardé ! ».

Un lieu transformé par le temps

Les troncs d’arbres coupés qui jaillissent de l’eau évoquent une partie de son histoire, celle de la drave. Comme plusieurs autres grands réservoirs de la région (Poisson Blanc, Baskatong, Cabonga), cette large étendue d’eau est en partie artificielle. Afin de contrôler le débit des crues des bassins de la rivière du Lièvre et de la rivière des Outaouais, la compagnie d’exploitation forestière MacLaren y construisit un barrage et des digues en 1952. Pour ce faire, une partie du territoire a dû être inondée et de nombreux arbres ont été coupés, de sorte que les lacs Kiamika supérieur et inférieur ne firent plus qu’un. Repris en main par Hydro-Québec à la nationalisation de l’électricité, le barrage demeure le régulateur d’entrée d’eau dans le parc.

photo Dominique Caron
photo Parc régional Kiamika

Dès 1860 et jusqu’en 1962, la rivière Kiamika est un important cours d’eau pour le commerce du bois acheminé vers la rivière du Lièvre. D’ailleurs, à la Pourvoirie Cécaurel, voisine du parc, il y a le Centre d’interprétation de la drave, situé dans un ancien camp de bûcheron du XXe siècle. Preuve, si besoin est, de son importance dans l’histoire de la drave au Québec, le court métrage La Drave, du cinéaste Raymond Garceau, a été filmé sur place, en 1956. Il est d’ailleurs possible de le voir au Centre d’interprétation.

 

Malgré les vieux troncs d’arbres qui apparaissent ici et là par eau basse, le parc régional de Kiamika est reconnu pour ses plages de sable fin qui s’étendent doucement le long des rives, invitant le canoteur ou le kayakiste fatigué à se prélasser sous le soleil. « C’est certain qu’on veut mettre en valeur les plages, comme on est un réservoir, mais on ne gère pas le niveau de l’eau », précise Marie-Claude. L’information est toutefois disponible sur le site web du parc. En période estivale, on y indique en tout temps le niveau de l’eau, selon les dernières mises à jour du débit d’Hydro-Québec. Petit conseil : pour profiter des plages, il vaut mieux éviter le mois de juin et ses crues importantes.

photos Dominique Caron

Se faire connaître des localités

Le territoire du parc s’étend sur plusieurs municipalités : Chute-Saint-Philippe, Lac-Saguay, Rivière-Rouge ainsi que le territoire non organisé de Lac-Douaire. Si le site a été inauguré en 2013, les bases du projet de parc régional ont été établies en 2004, avec la création de la Société de développement du réservoir Kiamika (SDRK).

Le grand public, tout comme les résidents de la région, a alors découvert la destination ; mais cela a amené quelques questionnements. « Il y a même eu une certaine frustration, parce que l’OBNL bénéficie de subventions régionales. Les habitants ne voyaient pas tout de suite l’impact ou les retombées », se souvient Marie-Claude. Il a fallu convaincre la population des bienfaits du parc, mais également de son potentiel récréotouristique.

La forêt ancienne

Si certains paysages se sont transformés avec la création du réservoir, la végétation des îles est restée intacte. Le parc est d’abord une destination pour les amateurs d’eau calme, mais les marcheurs pourront aussi découvrir un sentier unique traversant un écosystème forestier exceptionnel. Situés sur l’île de la Perdrix blanche, les six kilomètres du parcours traversent une forêt ancienne constituée d’une érablière à bouleaux jaunes et de hêtres âgés d’au moins 175 ans. Livrée à elle-même sans aucune perturbation humaine depuis plus d’un siècle, la végétation qui borde le sentier est remarquable. C’est un sentier linéaire uniquement accessible par embarcation nautique, alors il faut prévoir de faire l’aller-retour.

C’est aussi sur cette île que se trouve le plus haut sommet du parc, à 470 mètres. Le désir d’ajouter un point de vue sur le sentier fait partie du plan de développement du parc. Toutefois, le statut de réserve de biodiversité rend le processus plus lent et complexe, à cause des mesures de protection imposées par le ministère.

Des loups et des huards

Sur ce cinquième plus grand site de pêche du territoire des Laurentides, les campeurs y trouvent aussi leur compte. Ils s’y rassemblent avec leur tente ou leur roulotte. Il va de soi que les sites de camping les plus impressionnants sont sur les îles du réservoir. C’est seulement depuis peu que le parc a rendu possible la réservation en ligne des emplacements de camping. « On a observé une augmentation de 208 %, de 2017 à 2019», souligne sa directrice.

photo Dominique Caron

À l’automne, lorsque le froid commence à s’installer, des voiliers d’outardes en route vers le sud survolent le réservoir. Même par un matin brumeux, on reconnaît leur chant distinctif. Au campement, le silence de la nuit est parfois brisé par le hurlement d’un loup. « Il y aurait deux meutes : une au nord et une au sud. On voit souvent leurs traces et les résidents les observent sur le lac gelé en hiver », confirme Marie-Claude. Heureusement pour les campeurs, la plupart des sites sont situés sur des îles, loin des meutes.

Le réservoir est aussi la maison de couples de huards, et c’est la promesse d’y voir et d’y entendre leurs multiples danses et chants. Ces oiseaux sont également de grands pêcheurs, et leur présence est donc signe d’une eau généreuse en poisson.

Pour accéder aux différentes entrées du parc, il est fortement recommandé d’utiliser l’application gratuite Ondago. Et si vous êtes déjà un ami des animaux, sachez que les chiens y sont les bienvenus.