Brasserie Dunham : Trouver son compte au coeur du village

Depuis plus de 10 ans, la Brasserie Dunham est un arrêt régional incontournable où il est agréable de passer du bon temps et déguster des bières faciles d’approche, singulières et créatives.

Les voyageurs visitent souvent les Cantons-de-l’Est en empruntant un chemin plat sans grands éclats, l’autoroute 10. C’est rapide et efficace, mais l’aventure débute vraiment dans les petites routes. Pour ceux qui ont envie d’explorer, on trouve de magnifiques villages le long de la route 202, trônant dans un décor bucolique où il est agréable de se perdre. On peut même s’enfoncer davantage dans la campagne vers les frontières américaines, à l’instar de nos ancêtres contrebandiers, pour découvrir des municipalités au charme rappelant la Nouvelle-Angleterre : Saint-Armand, Pigeon Hill, Frelighsburg. Pour revenir, on reprend la 213 qui deviendra la rue Principale du charmant village de Dunham. Ici, on contemple le caractère historique des maisons de pierres et on s’arrête à son bâtiment le plus imposant pour y manger et boire. 

Le Relais de la Diligence, construit autour de 1865, sert d’abord de poste, puis d’hôtel pour ceux qui font la route des États-Unis à Montréal. Toujours au cœur de la vie des gens de la région, la bâtisse a accueilli au fil des décennies plusieurs boutiques, services et restaurants. On y trouve depuis maintenant presque 10 ans la Brasserie Dunham, son pub et sa table fermière où il est possible de goûter des bières brassées avec passion et créativité. L’établissement fait partie du circuit Brasseurs des Cantons, qui regroupe une vingtaine de microbrasseries de la région. Le flux d’amateurs de houblon est régulier sur sa terrasse aux nombreuses tables à pique-nique et sa boutique de bières singulières.

Bières distinguées

C’est d’abord avec la vision de Sébastien Gagnon, qui avait repris Brasseurs et frères à l’époque, qu’est né le projet. Éloi Deit, fort de son expertise de brasseur au Cheval blanc à Montréal, se joint ensuite à l’entreprise. Quelques années plus tard, c’est avec enthousiasme que Simon Gaudreault s’est greffé à l’équipe pour répandre partout son amour de la bière artisanale et faire ce qu’il appelle le « développement de la soif ». Au fil des années, il s’est constitué autour d’eux une bande d’employés dévoués, aux expériences diverses, tous animés de la même curiosité et de la même envie de voir s’épanouir la microbrasserie.

« Ce qui distingue la Brasserie Dunham des autres, c’est notre large éventail de bières. On excelle dans plusieurs styles, croit Simon Gaudreault. On a dans nos spécialités des bières qu’on fait vieillir dans des fûts de chêne qui ont contenu du vin ou des spiritueux d’un peu partout dans le monde. On travaille aussi beaucoup avec des levures sauvages et des bactéries acidifiantes. Ça donne souvent un profil plus acidulé, parfois vineux, donc des bières aux profils assez audacieux et originaux. »

Grâce à son microclimat, en plus d’être l’une des premières régions viticoles au Québec, Dunham attire des agriculteurs à la production diversifiée. Ainsi, la brasserie n’hésite pas à inclure ces produits locaux dans ses expérimentations, que ce soit le miel, les fleurs, le sirop d’érable ou les fruits. D’ailleurs, il est évident que la collaboration est clé, voire nécessaire, pour les brasseurs. On peut la mesurer dans le caractère varié de leurs bières, en passant par les menus élaborés au restaurant et ce, jusque dans les étiquettes. Simon Bossé, artiste en résidence dont l’atelier de sérigraphie est installé à l’étage, recrute d’autres créateurs du Québec, des États-Unis ou de l’Europe pour créer des étiquettes à l’image de la microbrasserie. Les collaborateurs s’inspirent de la bière et de la démarche de son élaboration afin de produire un visuel cohérent avec le produit, confirmant l’identité singulière de tout ce qui a trait à la Brasserie Dunham. 

Cependant, il ne faut pas croire que cette volonté d’expérimentation et d’originalité rend les bières difficiles d’approche. Les artisans de la Brasserie Dunham considèrent que l’audace et la “buvabilité” vont de pair et que ce n’est pas parce que les saveurs sont surprenantes qu’elles sont nécessairement lentes à apprivoiser. Ici, on exprime sa créativité à travers l’élégance du produit afin d’offrir une gamme riche de bières accessibles aux papilles de tous.

« Il y a plein de gens qui entrent ici en ne sachant pas trop ce qu’ils vont boire, constate Simon. Ils vont découvrir plein de produits avec des profils aromatiques variés, mais assez faciles d’approche, des bières qui sont assez consensuelles, qui n’ont pas nécessairement une acidité extrême ou une grande amertume ou un taux d’alcool très élevé. On peut y trouver son compte facilement. »

Au coeur du village

Si les microbrasseries ont connu un essor spectaculaire dans plusieurs régions tout en s’inscrivant dans les habitudes de soif des Québécois, le rôle social qu’elles jouent comme lieu de rencontre est également très important pour leurs propriétaires.

« On s’installe dans des villages qui sont relativement tranquilles, où c’est difficile de se rencontrer, de se parler, et finalement, les gens viennent à la brasserie, se croisent et élaborent des projets ensemble. Les lieux deviennent des espèces de centres culturels où l’art, la culture, le partage sont au rendez-vous. Je pense que c’est bien pertinent dans le cœur villageois d’avoir une brasserie locale. » 

S’il y a beaucoup de points de vente des produits de la Brasserie Dunham au Québec, la boutique conserve quelques exclusivités, brassées en petite quantité, avec des propositions un peu plus excentriques. Ainsi, outre la possibilité de profiter du lieu historique et de goûter un peu à la région, ceux qui feront la route jusqu’à la brasserie pourront repartir avec le sentiment d’emporter avec eux quelques secrets. 

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