Le Ricaneux : la rencontre et le partage avant tout

Familiale et accueillante, l’entreprise agroalimentaire Le Ricaneux est un arrêt incontournable dans Chaudière-Appalaches pour la richesse de ses alcools à base de petits fruits et la beauté du paysage qui l’entoure.

À Saint-Charles-de-Bellechasse, il y a de l’horizon à revendre. Avec ses terres agricoles prédominantes, on se retrouve dans un paysage magnifique. Avec de la chance, on peut aussi observer au loin le Massif du Sud et les éoliennes. C’est ce genre de décor dans lequel se lève Nathalie McIsaac tous les matins. La copropriétaire du Ricaneux, le plus ancien producteur de vins et alcools de petits fruits au Québec, explique que son produit phare porte bien son nom. «Le Ricaneux, c’est un vin de fraises et de framboises. Au deuxième verre, on comprend pourquoi on l’a nommé comme ça. C’est pour le côté convivial et sympathique. Ça met de bonne humeur.» 

Le Ricaneux est une entreprise familiale. Les parents de Nathalie, Jacques et Madeleine, sont revenus dans leur patelin en 1973 et ont acheté une ferme, jadis laitière. Ils ont fait des essais-erreurs avant d’arriver à la production qui fait son succès aujourd’hui: les alcools. «On a déménagé ici quand j’avais à peine une semaine, donc c’est vraiment mon chez-moi, mes racines, dit l’entrepreneure qui a pris la relève il y a 14 ans. On a commencé comme acériculteurs pour ensuite devenir producteurs maraîchers, mais en parallèle, mon père a toujours fait fermenter ou macérer quelque chose. Il ramassait des merises, de la cerise à grappe, du bleuet sauvage, des mûres et il faisait des alcools à la maison.» En attendant que la réglementation concernant la production et la vente d’alcools se précise au Québec, la famille travaillait sur ses recettes. En 1988, Le Ricaneux a eu son permis et a pu lancer sa première cuvée. 

«Pour la création de nos alcools, on procède à une vinification à la manière du raisin. On fait fermenter le fruit une semaine, donc la macération va chercher tout ce que la fraise ou la framboise, par exemple, peut offrir. Ensuite, ce sont les étapes de vieillissement et d’élevage», indique Nathalie, qui travaille aujourd’hui avec la troisième génération composée de ses fils Thibault et Tristan.

S’imprégner du lieu

Depuis les débuts du Ricaneux, l’accueil touristique – cette envie de recevoir les visiteurs pour leur faire goûter les produits – est crucial pour la famille McIsaac. «Oui, y’a la paye financière du produit qu’on vend, mais ce qui est encore plus important, c’est quand tu reçois des commentaires favorables, quand tu vois la satisfaction du client qui a des étoiles dans les yeux.»

Le Ricaneux s’intègre bien dans l’offre d’agrotourisme de Chaudière-Appalaches et l’entreprise a confirmé sa vocation en devenant un économusée à l’été 2021. «On est désormais l’Économusée des vins de petits fruits. Ce que ça veut dire, c’est qu’il y a rencontre d’un artisan – qui tire ses revenus de la vente de sa production – et transmission d’un savoir-faire aux visiteurs.» 

Un peu partout sur le domaine du Ricaneux, on retrouve de grands panneaux informatifs à propos des plants de fruits, de l’usage des outils et des particularités de la région de Chaudière-Appalaches. «On a intégré dans notre lieu de fabrication tout un volet d’interprétation, dit Nathalie. Ça nous sert à agrémenter les visites avec les gens et à fournir plus d’informations aux visiteurs. Y’a des panneaux à l’intérieur, qui résument le procédé de transformation. Y’en a à l’extérieur qui expliquent la réalité de notre paysage agricole et les petits fruits. On connaît la fraise et la framboise, mais si on parle de sureau ou d’aronia, les gens ne connaissent pas à tous coups.»

Au-delà d’une dégustation des produits, qui inclut également le vin de fraise et aronia La Patronne et une crème de sureau, entre autres, le lieu appelle à la sérénité. Les visiteurs peuvent se promener dans les champs, dans l’érablière, se reposer sur place. «On souhaite aussi qu’ils s’imprègnent de notre milieu de vie. On dit souvent: “Un agriculteur, un artisan, c’est un mode de vie, c’est pas une job”. Ça englobe beaucoup de choses et c’est tout ça qu’on partage avec les visiteurs.»

Le lieu devient aussi ludique avec un journal imprimé qui comprend quelques activités à faire pendant sa visite. «Y’a des anecdotes, des quiz, et les paroles de la chanson Ah! Les fraises et des framboises», précise Nathalie. 

Maillage entrepreneurial

L’entrepreneure est amoureuse de sa région natale, c’est pourquoi elle n’a pas hésité à reprendre le flambeau du Ricaneux il y a près de 15 ans. Le slogan actuel de la région est À vivre pour vrai et Nathalie note que c’est effectivement «le côté humain qui prédomine, la rencontre, la diversité, l’accessibilité. Tout est facile ici». 

Sa proximité avec la ville de Québec fait en sorte que tout type de séjour – une journée, un week-end, une semaine – est à prescrire dans Chaudière-Appalaches. «Y’a tellement de choses à faire et c’est ça qu’il faut arriver à faire comprendre aux gens. Ils n’ont pas besoin d’aller très loin. Tu peux partir jusqu’au centre-ville de Québec en traversier et te rendre jusqu’à Armagh, dans les terres, en vélo.»

On ne manque de rien dans Chaudière-Appalaches: il y a le fleuve, les montagnes, le paysage agricole. La géographie est également favorable à l’agriculture. «C’est magnifique pour la découverte, pour relaxer, et on a de bonnes terres pour la culture des petits fruits. On est au premier contrefort des Appalaches, au bord de la plaine du Saint-Laurent, donc on est bien installés pour ce qu’on fait.»

Le carnet d’arrêts à faire dans Chaudière-Appalaches est bien garni pour Nathalie, qui n’hésite jamais à favoriser un maillage des entreprises touristiques. «Si les visiteurs aiment ce qu’ils voient et goûtent ici, c’est certain que je vais leur faire d’autres suggestions. Y’a de l’alpaga, y’a du vin, du fromage de chèvre, de la bière… C’est vraiment un travail d’équipe, l’union fait la force. C’est des richesses pour tout le monde.»

À lire aussi